Le capitalisme contre les inégalités

Publié en octobre 2022
Télécharger le PDF Consulter le document
Président du think-tank transatlantique « Club Praxis », Président-directeur général de DataCore Innovations, Membre du Conseil d’administration de Paris School of Economics, Président de la Maison Française de New-York University.
Il est notamment l’auteur des ouvrages « Le gouvernement des citoyens » (PUF, 2017) et « Le capitalisme contre les inégalités » (PUF, 2022).
Publication suivante
Publication précédente

Contrairement à une croyance tenace, il n’y a pas d’opposition intrinsèque entre l’équité et la prospérité, ni de véritable opposition entre plus d’égalité et plus de liberté. Politiquement et économiquement, les idéologies progressistes et les courants libéraux seraient donc, en partie, réconciliables et le progrès social ainsi que la croissance pourraient se renforcer mutuellement.

Pour tout un chacun, comme pour les entreprises, tout ce qui peut contribuer à une plus grande égalité des chances s’avère profitable. Preuve en est, par exemple, l’impact calculé de la participation des minorités à l’économie. L’entreprise a bien compris qu’en satisfaisant toutes les parties prenantes, il lui sera possible de créer de nouveaux marchés, et l’État, de son côté, dispose de nouveaux moyens afin de quantifier le rendement des politiques sociales et ainsi les prioriser sur des bases objectives.

Inversement, la croissance peut être utile pour réduire les inégalités. L’innovation génère mécaniquement des gagnants, mais rarement au détriment du reste de la population, et augmente la mobilité sociale ; sujet particulièrement problématique dans notre pays.

Encore faut-il s’attaquer au « pouvoir de marché » excessif de grandes entreprises qui profitent d’un cadre concurrentiel qui n’est plus adapté. Il s’avère urgent, comme nous le constatons aujourd’hui, de passer d’une politique de concurrence basée sur les prix à une politique basée sur la capacité à innover.

L’accélération des crises de toutes natures suggère que des solutions innovantes doivent être envisagées afin de rendre l’homo economicus plus résilient et capable de prendre des risques personnels, afin de permettre au citoyen de mieux accepter les choix politiques de long terme, condition d’un dialogue social apaisé.

Yann Coatanlem nous fait l’amitié de répondre à nos questions et met en lumière qu’une perspective de rénovation durable du capitalisme n’est plus une utopie mais un projet sérieux.

0

Vous pourriez aussi être intéressés par

Charger plus de Tweets