Une Assemblée nationale plus représentative ?

Publié en octobre 2022
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Eric Keslassy enseigne la sociologie à l’Institut d’Etudes Politiques de Lille. Il a publié de nombreux ouvrages dont « De la discrimination positive (Bréal, 2004)», « Tous égaux ! Sauf...» (avec Martine Véron, Éditions Le Cavalier Bleu, 2006) et « Mémoires vives. Pourquoi les communautés instrumentalisent l’Histoire» (avec Alexis Rosenbaum, Éditions Bourin, 2007).

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Au début des deux précédentes mandatures, l’Institut Diderot s’était interrogé sur la notion et la pratique de la représentation politique à la suite des élections législatives. Il apparaissait que le profil-type du député français était celui d’un homme blanc de plus de cinquante ans issu des classes sociales supérieures. Nous alertions sur le fait que cette situation constituait un danger pour la pratique démocratique.

Restait à savoir ce qu’il en est de cette représentativité sociologique de la nouvelle Assemblée nationale élue en juin 2022. C’est ce que nous avons, une nouvelle fois, demandé à Éric Keslassy de mesurer.

On verra que son diagnostic, solidement étayé par les chiffres, n’est guère rassurant. Cette nouvelle Assemblée, inédite sur le plan politique (par la « tripolarité » qui la structure), n’est guère plus représen- tative de la société française que la précédente. « Il continue d’exister un profil-type du député : plutôt un homme, de 50 ans, blanc et issu des classe sociales supérieures. »

Cette « déformation » de la représentation nationale, observe-t-il, « ne va pas aider les citoyens les plus mal représentés à se sentir concernés par les débats parlementaires et les décisions prises par leurs représentants », si bien qu’on peut parier, conclut-il, « que la situation de la démocratie représentative n’est pas près de s’améliorer ».

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