Le terrorisme a bon dos

Publié en 2015
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Le Gouvernement a décidé, au motif de lutter contre le terrorisme, d’interdire les paiements en liquide de plus de 1 000 euros. Le motif est nouveau, mais la mesure identique à celle proposée par Jean-Marc Ayrault il y a deux ans contre la fraude fiscale et oubliée, à l’époque, du fait de l’allergie de nos concitoyens à la fiscalité.

La lutte contre le terrorisme est légitime et impliquera d’inévitables désagréments pour les citoyens. Il faut craindre néanmoins qu’elle ne serve de justification à de multiples atteintes à leur liberté, avec des objectifs bien éloignés de la lutte contre le terrorisme.

Il faut rappeler que celle-ci avait déjà justifié la création de Tracfin. Or l’utilité de cet organisme dans la lutte contre le terrorisme s’est avérée à ce jour à peu près nulle. En revanche, Tracfin a contribué de façon significative à la poursuite de petits délits, notamment fiscaux, déjà combattus par d’autres moyens.

« Big brother » se développe. Derrière les discours protecteurs, l’action des pouvoirs publics va dans le sens contraire : les paiements intermédiés alimentent des banques de données dont l’exploitation expose leurs auteurs à des actions marketing importunes.

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