L’ennemi du bien

Publié en 2013
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

La sagesse populaire a identifié depuis la nuit des temps le mieux comme l’ennemi du bien.

Le monde semble aujourd’hui dirigé par des élites qui semblent ignorer ou mépriser cet adage. La généralité du phénomène appellerait réflexion. Les gouvernants prétendent en vain éradiquer tous les maux de la terre sans s’apercevoir que ceux-ci multiplient souvent du fait même de leurs efforts.

Un exemple caricatural est le développement des contrôles : la liberté des citoyens, en Europe notamment, n’a jamais été aussi grande… s’ils respectent les centaines de milliers de lois et règlements, les interdits, les contrôles et les formalités.

Lorsque tout le monde ploie sous le fardeau de la réglementation, les professions dites réglementées, comme la banque, risquent de rompre. L’objectif est de protéger toujours mieux les citoyens. Mais, comme la sagesse populaire le prévoit, l’activité des banques se contracte sous l’effet de ce carcan et la solution des besoins de l’économie, crédits et placements, glisse progressivement vers le « shadow banking », c’est-à-dire un dispositif qui a la saveur de la banque sans en supporter les contraintes.

Une régulation de ces activités est donc en cours. Arrivera-t-elle avant le drame ? Pas sûr.

De toute façon, qu’elle arrive avant ou après la crise probable, la régulation tuera le « shadow banking » ou l’économie, à moins que d’autres formules encore ne voient le jour sous l’empire de la nécessité et relancent un nouveau cycle de régulation… Mais le succès des réanimations décroît avec leur nombre.

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