Avoir peur, le commencement de la sagesse ?
La peur est-elle bonne conseillère ?
Au vu des catastrophes qui menacent le monde on pourrait le croire. Réchauffement climatique, multiplication des guerres, crises économiques et sociales : toutes ces menaces semblent redonner de la force à la thèse philosophique selon laquelle la crainte est le début de la sagesse. Elle nous rappelle à notre finitude et nous incite à la prudence.
Mais cette thèse a ses limites : elle fonde le lien social sur un sentiment négatif : rien ne garantit que la peur ne dégénère pas en panique et en défiance généralisée.
C’est pourquoi il faut sortir de l’alternative entre confiance naïve dans le progrès et peur de la catastrophe. Apprendre à nous méfier de nos espérances et avoir peur de nos peurs pourraient être les deux impératifs d’une morale politique à la mesure de notre présent.