Un monde enchanté ?

Publié en mai,2020
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Le terme de pandémie désigne la propagation rapide d’une maladie infectieuse dans une zone géographique s‘étendant à de nombreux pays. C’est le cas du Covid-19. Le terme pourrait aussi s’appliquer à l’extension rapide, par une forme de contagion inédite, de réactions politiques et sociales similaires ou proches dans tous les pays, dont les effets sont sidérants.

En fait, comme Alice, nous avons basculé dans un univers où la logique est d’un ordre différent de celle à laquelle nous étions habitués, aussi étonnant que le pays des merveilles pour l’héroïne de Lewis Caroll.

L’obligation ancestrale de travailler, qui paraissait aussi établie que la loi de la gravitation universelle, a été remplacée pour la moitié de la population par son interdiction.

La scolarité des enfants reste obligatoire, mais chez eux et sans maître.

Les lois ne sont pas abolies mais les tribunaux chargés de les appliquer ne fonctionnent plus : les coupables d’infractions qui ne pouvaient pas sortir de prison, ne peuvent désormais plus y entrer.

La maréchaussée qui manquait de moyens pour affronter quelques milliers de dangereux hors-la-loi responsables de délits ou de crimes, peut désormais contrôler avec force effectifs, voitures , motos, drones, chevaux ou hélicoptères, des millions de paisibles citoyens tentés par les plages ou les chemins perdus de montagne.

Les débiteurs sont encouragés par l’État à ne plus payer leurs dettes et les locataires leur loyer.

Les transports collectifs, au profit desquels la voiture a été bannie des villes, sont à l’arrêt où circulent à vide.

Les compagnies d’aviation reçoivent de l’argent pour laisser leurs appareils au sol.

Aux luttes sociales, qui ont paralysé le pays pendant des mois pour quelques milliards d’Euros, succède une pluie de milliards qui devraient permettre d’acheter les biens qui n’auront pas été produits.

Les médias qui se sont multipliés au cours des dernières décennies, traitent tous d’un sujet unique : le coronavirus

Le passage dans ce monde surréaliste s’est fait dans l’étonnement mais sans heurt.

Il sera plus difficile d’en revenir, mais l’expérience permettra peut-être de se souvenir qu’au fond, rien n’est impossible.

 

 

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