Soigner le chômage au bon niveau

Publié en septembre 2011

Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Le problème du chômage se pose sur deux plans : d’une part, les victimes, les personnes qui ne trouvent pas d’emploi, et d’autre part le niveau macroéconomique.

L’État intervient auprès des personnes, là où le problème est vraiment vécu, en confiant à Pôle emploi des missions d’assistance.

Trouver des emplois pour les uns sans empêcher d’autres d’y accéder n’est pourtant possible que si l’emploi augmente de façon générale.

Il y a certes une relation entre solutions microéconomiques et macroéconomiques : lorsque des emplois ne trouvent durablement pas preneurs faute de candidats formés ou attirés par cette activité, il en résulte un déficit global non pas égal, mais très supérieur au nombre d’emplois non pourvus. Remplir un poste qui ne peut durablement être pourvu équivaut à le créer, ce qui, on le sait, entraîne mécaniquement la création indirecte dans l’économie de l’équivalent de deux autres. La formation aux métiers pour lesquels l’offre de travail qualifiée est insuffisante est donc une démarche utile dans l’ensemble, même s’il est évident que cela ne saurait suffire pour faire disparaître le chômage.

En dehors de ce cas, l’aide apportée aux uns et aux autres pour trouver un emploi ne modifie pas le niveau global de celui-ci. Elle favorise certains candidats au prix de la démoralisation des autres qui peuvent avoir l’impression d’un échec, alors que c’est de la permanence du chômage global et non de leur manière de remplir CV et autres détails dont ils sont victimes.

L’effet limité des actions contre le chômage au niveau microéconomique a de surcroît le défaut de donner l’impression d’une fatalité qui résiste à tous les efforts, alors que le chômage est le résultat de politiques économiques et sociales globales refusant le développement, comme le réclament certains écologistes, avec lesquelles une société vieillissante et conservatrice est d’accord. Ces politiques reviennent à fuir tout risque et à enterrer toute initiative susceptible de modifier la situation existante.

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