Retraites par capitalisation

Publié en janvier 2017

Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Les retraites par capitalisation sont financées par les produits financiers d’un capital constitué pendant la phase d’activité du bénéficiaire et par la consommation viagère de ce capital. La partie retraite devrait, de ce fait, plutôt être désignée par le terme « décapitalisation », la capitalisation n’en étant que la phase préparatoire.

Les régimes de capitalisation présentent deux inconvénients : ils subissent les variations dans le temps de la valeur et du rendement des placements, alors que les retraités ont besoin de sécurité et de visibilité. Ils sont également sensibles à l’inflation ; dans le passé, des périodes d’hyperinflation ont conduit à plusieurs reprises à la ruine des retraités.

 Ces inconvénients ne devraient pas détourner d’un mécanisme qui présente par ailleurs des avantages auxquels on n’accorde pas l’attention qu’ils méritent.

On peut les illustrer ainsi :

L’espérance de vie à 65 ans est aujourd’hui de l’ordre de 19 ans pour un homme, 23 ans pour une femme, soit 20 ans en moyenne pour simplifier.

En 2016, le salaire moyen net en France a été de 26 400 euros et la retraite moyenne de 15 600 euros, selon le ministère des affaires sociales.

Pour assurer le versement de la rente, sur la base d’une espérance de vie de 20 ans et d’un taux de rentabilité de 2 %, le capital constitutif devrait s’élever à environ 300 000 euros. Un taux de rendement supérieur à 2 % pour des capitaux à très long terme, serait  probable et apporterait au bénéficiaire un certain degré de protection contre l’inflation.

Constituer ce capital en 42 ans, en supposant un taux de rendement moyen des capitaux placés de 3 % supposerait une cotisation moyenne de 3 600 euros, sensiblement inférieure à la cotisation actuelle  au régime de répartition (parts patronale et salariale additionnées) d’environ 5 800 euros ; ce serait donc avantageux pour le bénéficiaire.

Au plan macroéconomique, le service des rentes aux 15 millions de retraités compte tenu de la répartition en fonction des espérances de vie des bénéficiaires, serait de l’ordre de 3 000 milliards. On voit que ce chiffre est très élevé mais n’est pas hors d’atteinte si on le compare aux grandes masses d’épargne existantes ; il pourrait constituer une source extrêmement  précieuse de financement à très long terme de l’économie,.

La difficulté d’un passage de l’un à l’autre tiendrait à la nécessité d’imposer à une génération une double cotisation, au titre de la répartition pour payer les rentes en service et au titre de la capitalisation pour préparer sa propre retraite.

Cependant, comme le mécanisme est vertueux, une dotation de démarrage de la part de l’Etat, permettrait de tendre progressivement vers un régime comportant une part de capitalisation croissante et rapidement significative.

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