Renoncer aux soins

Publié en 2013
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Les Français, qui furent un peuple riche et heureux comme il y en a quelquefois dans les contes pour enfants, connaissent désormais une situation difficile. Les preuves de cette infortune ne manquent pas et l’incapacité de se soigner figure parmi les plus attristantes.

Une étude récente[1] montre ainsi que certains de nos concitoyens devraient renoncer à certains soins. On ne sait pas auxquels et à quel pourcentage de leurs besoins cela correspondrait. Ce qu’on sait en revanche est que ce n’est pas le manque d’argent, mais, plus sérieusement, le souci de ne pas écorner le budget shopping qui expliquerait cette dramatique situation dans 10 % des cas. Pour 15 % de nos concitoyens, pis encore, il faudrait rogner sur le budget loisirs et même, pour 18 %, sur celui des vacances.

On ne sait pas dans quelle proportion ces groupes s’additionnent ou se confondent, mais 18 % de la population totale est déjà un pourcentage très élevé.

On peut en tirer, au choix, plusieurs conclusions :

‒ soit il faut sérieusement faire évoluer le système de financement de la santé ;

‒ soit le shopping, les loisirs et les vacances devraient être pris en charge par la sécurité sociale ;

‒ soit les Français s’imaginent plus malheureux qu’ils sont.
[1] Voir « Mutuelle santé : la Macif s’attaque au renoncement aux soins », La Tribune, 25 janvier 2013.

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