Obésité

Publié en février 2016

Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

obésité2L’histoire montre que toute connaissance nouvelle un tant soit peu en rupture est d’abord rejetée par tous ceux qui détiennent le savoir antérieur. Ce nouveau savoir, enfin accepté à son tour comme vérité scientifique, s’opposera à son tour aux avancées futures.

On aurait pu espérer que l’état actuel des connaissances, notamment celle des erreurs passées, favoriserait la modification de ce schéma. Il n’en est rien. La science progresse mais l’obscurantisme subsiste. L’hyperspécialisation nous conduit à poursuivre des recherches dans une seule dimension sur des problèmes qui en comptent de multiples, avec pour résultat de nouvelles erreurs.

Deux exemples récents relatifs à la santé viennent illustrer ce phénomène.

Depuis cinquante ans, nous admettons comme un savoir établi le préjudice sur la santé publique de la consommation de graisses saturées, particulièrement pour le système cardiovasculaire.  Et pourtant, après un règne sans partage, cette conviction pourrait s’avérer fausse. Cette idée serait due à l’extrapolation d’études menées en Finlande. Un pays où la fréquence des maladies cardiovasculaires, l’environnement et le régime alimentaire global sont très différents de ceux de notre pays. Un certain nombre d’études anciennes l’avaient déjà démontré, mais sans aucune reconnaissance. De nouvelles études nous laissent à penser que seules les graisses hydrogénées, c’est-à-dire des corps gras que l’on a modifiés industriellement en les bombardant d’hydrogène, seraient néfastes même s’il reste évident que l’excès calorique chronique aura des conséquences délétères sur l’organisme.

Est-ce la fin de l’histoire ?

Dans le même ordre d’idée, nous considérons le surpoids comme un facteur de risque cardiovasculaire sérieux. Une étude publiée aux États-Unis mettrait fin à ce dogme. La bedaine, appelée également péjorativement panse ou brioche, serait à l’origine de nos problèmes. Est-ce que cette recherche sera prise en compte ? Il apparaît possible que les deux résultats puissent coexister. Il semble, en tout état de cause, que des individus en surpoids général, avec une musculature proportionnée, resteraient à l’abri du danger. En revanche, des individus de poids normal avec une musculature peu développée et un ventre trop proéminent, seraient quant à eux exposés au risque.

En tiendrons-nous compte ?

Il va de soi que la sagesse reste de rigueur. Mieux vaut s’alimenter sans excès de produits naturels diversifiés et de s’adonner à une activité physique avec raison, malgré les vicissitudes des découvertes et contre-découvertes scientifiques.

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