Lutte contre le djihadisme

Publié en 2017
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

 

Les autorités publiques des pays occidentaux multiplient les déclarations de guerre au terrorisme : la guerre étant la pire des choses pour une société, ces déclarations tendent à convaincre les populations que toutes les ressources nécessaires seront mobilisées pour sauver la nation.

Les propos se veulent rassurants et sont attendus par la population qui n’est cependant pas dupe de leur caractère conventionnel ; car la lutte contre le terrorisme ne peut être une vraie guerre ; pour être gagnée, une guerre défensive doit finir en guerre offensive, ce que ne peut être la lutte contre le terrorisme. Les guerres sont des conflits entre Etats qui ont des territoires, des armements, des moyens de communication, des usines de production d’engins et d’armes qui peuvent être attaqués et détruits. Le terrorisme est invisible. Il n’a pratiquement pas besoin de moyens : une voiture volée ou louée pour la journée, un couteau, un marteau, une allumette sont ses moyens d’expressions les plus fréquents : c’est une maladie mentale du corps social.

La riposte la plus efficace, qui ne sera jamais proclamée mais est peut-être en route est de corriger certains excès de nos sociétés, dans lesquelles, au motif des libertés individuelles, il n’existe plus de valeurs consensuelles ni de légitimité pour quelque action que ce soit.

Tout est possible, tout se vaut et le terrorisme n’est reconnu que s’il tue… et encore..

Dans les jours précédents le drame du Bataclan, des voix se sont élevées pour critiquer l’élimination sans jugement, par les armes françaises, de djihadistes français combattant, c’est-à-dire assassinant, en Syrie. Le Bataclan a fait taire ces voix, sans doute par prudence. Les terroristes peuvent tuer des dizaines, des centaines d’innocents : ils ne mettront pas en péril ce que les guerres mondiales aux millions de morts n’ont pas détruit.

Mais les Babel que sont devenus nos pays peuvent s’effondrer d’elles-mêmes dès lors qu’elles ne forment plus société mais rassemblent des masses qui n’ont rien en partage.

La peur peut-être le ferment d’une nouvelle conscience collective. Les grandes manifestations qui ont suivi l’attentat de Charlie Hebdo, en ont donné l’impression éphémère malgré quelques dissonances qu’on a fait semblant de ne pas entendre : elle peut conduire à reforger une conscience collective en même temps que seront exclues les fractions les plus hostiles à cette exigence pour la survie d’une société.

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