La destruction créatrice de l’endettement

Publié en 2016
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

La productivité du travail libère des ressources humaines et le redéploiement de ces ressources dans de nouvelles activités est le fondement du développement économique et humain. C’est le mécanisme décrit par l’économiste Schumpeter sous l’expression de « destruction créatrice ».

Les progrès de productivité sont le résultat d’avancées technologiques. Les économies contemporaines, qui sont focalisées sur les services consistant pour une large part à traiter de l’information, devraient ainsi connaître un rapide progrès de productivité grâce à l’explosion des TIC.

Mais ce n’est en fait pas le cas.

Les progrès de productivité sont faibles en regard de ce qui serait possible. D’une part, les rigidités du marché du travail restreignent la possibilité de les matérialiser. D’autre part, des obligations administratives de plus en plus nombreuses pèsent sur les entreprises et freinent leurs progrès.

ll existe normalement deux voies pour transformer les progrès de productivité en richesses :

‒ L’abaissement des coûts de production entraîne un élargissement des marchés qui permet le  maintien des effectifs à un niveau élevé, au moins tant que la maturité du marché ne conduit pas à la stabilisation de la production, alors que la productivité continue sa progression. Un bon exemple est donné par l’électronique grand public.

‒ La création de produits et services nouveaux révélant des besoins latents du consommateur. Il s’agit bien de produits et de services à destination des consommateurs et non de toutes les innovations. La création de sites de vente internet, par exemple, crée certes des emplois, mais au détriment de ceux qui existent dans la distribution classique. Dans le mécanisme de destruction créatrice, ils prennent place du côté de la destruction.

Quels peuvent être ces nouveaux produits et services ?

Certains champs de développement apparaissent intuitivement très probables, comme la sécurité et la santé. Pour les autres, il appartient aux agents économiques de les détecter en sachant qu’il y aura des réussites et des échecs. Ce qu’on peut dire, c’est que les TIC, comme l’automobile en son temps, auront un véritable impact civilisationnel. De même qu’en voyant les premières automobiles qui remplaçaient le cheval dans certains de ses emplois, il aurait été difficile d’imaginer que celles-ci allaient modifier non seulement nos modes de transport, mais également notre habitat, notre alimentation, nos modes et lieux de travail, de même est-il difficile aujourd’hui d’imaginer que tous les emplois de nos revenus et de notre temps vont être modifiés du fait de ces nouvelles technologies. Cette difficulté à imaginer l’avenir pèse sur le présent.

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