S'inscrire à notre newsletter

Immigration

Publié en septembre 2018
Président de l'Institut Diderot, fondateur, président du groupe d’édition Humensis et président d’honneur du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA, GMF et PartnerRe.

L’opposition est frontale entre ceux qui refusent l’arrivée massive de migrants et ceux qui pensent que l’accueil des damnés de la terre est un devoir moral non négociable.

Comme souvent en politique, ces points de vue radicalement opposés dans l’action –on ne peut faire une chose et son contraire – sont complémentaires intellectuellement.

Les pays développés ne regroupent qu’une fraction limitée de la population mondiale : on a calculé que les ressources équivalant à celles de trois terres seraient nécessaires pour amener tout le monde au niveau des mieux pourvus ; il est donc tentant pour ceux qui vivent dans des conditions difficiles, sont informés de nos niveaux de vie et n’ignorent pas l’impossibilité d’un mouvement collectif local qui les porterait à ce niveau, de vouloir tenter leur chance individuellement… Mais leur nombre rend la chose objectivement impossible et leur installation en masse imposerait aux populations d’accueil, déjà incertaines de leur avenir, un partage dont elles refusent la perspective.

Historiquement, les migrations constituent un phénomène permanent. Tous les humains semblent provenir de l’Afrique de l’est et depuis le néolithique, l’Europe, comme les Amériques, ont vu se succédé des vagues migratoires entre lesquelles les migrations individuelles plus diversifiées ont continué. Il n’y a aucune chance qu’un phénomène aussi ancien et général ne s’arrête et des probabilités non négligeables qu’il s’amplifie en raison de la raréfaction de certaines ressources et des évolutions démographiques : jeunesse et surpopulation dans les régions les plus pauvres, dépression démographique et vieillissement dans les autres.

En même temps, il  est légitime que les populations les plus riches veuillent conserver pour elles ce qu’elles ont créé et la culture qui constitue leur identité : l’identité culturelle n’est pas un costume qu’on peut changer volontairement selon la mode : c’est la colonne vertébrale de la vie collective. Il n’y a pas de vie collective sans culture commune, et pas de société sans vie collective.

Il n’y a pas de solution satisfaisante qui permettrait de satisfaire à la fois cette aspiration légitime et l’inéluctabilité de migrations de masse. La solution consistant à aider au développement des pays d’émigration peut satisfaire les esprits désireux de parvenir  à une synthèse : elle peut réduire quelque peu la pression migratoire. Mais en aucun cas, elle n’est à la hauteur du problème puisqu’il n’est pas globalement soluble et que les problèmes locaux, corruptions, violences, qui ont pour cause, au moins partiellement, le partage de ressources rares, limitent à peu de choses l’efficacité de l’aide.

La seule alternative véritable est de savoir si on dresse le maximum  d’obstacles à l’immigration, sachant qu’ils ne serviront pas à grand-chose et que le résultat sera totalement subi ou si on organise le flux de manière à le rendre plus compatible avec la cohésion des sociétés d’accueil.

La deuxième solution est évidemment  la meilleure. Si on veut bien considérer que tous les français sont en fait des immigrés, de la première à la 100ème génération, on peut postuler que les nouveaux arrivants pourraient le devenir  leur tour sous réserve de soumettre leur implantation à trois critères ; l’apprentissage de la langue, le respect des lois et l’adoption des us publiques dominantes. La religion n’est ainsi pas un critère de refus si elle  ne s’accompagne pas de la volonté de combattre les autres croyances présentes en France ou de la volonté de modifier  la loi pour soumettre la population d’accueil à des lois et règlements venus d’ailleurs.

Par ailleurs, l’octroi à quelqu’un venu d’ailleurs des privilèges de la population autochtone devrait s’accompagner d’une obligation renforcée de respecter les lois.

L’histoire qui nous a fait ce que nous sommes a vu sans cesse s’opposer les hommes par la violence et dans bien des régions du monde cette violence continue à s’exprimer. L’angélisme qui tend à vouloir l’éradiquer crée les conditions d’explosion beaucoup plus violentes et cruelles.

L’existence de conditions contraignantes à l’immigration serait un moindre mal permettant de concilier immigration massive et maintien d’un ensemble national cohérent et donc acceptable pour les populations d’accueil.

0

Vous pourriez aussi être intéressés par

10 2022

Trop de dettes ?

Banques centrales et économistes s’alarment de la montée de l’endettement à travers le monde qui atteint le niveau record de 3,6 années de PIB. Quel […]

Lire la suite
Sur le changement 05 2021

Sur le changement

Dans les sociétés modernes, le changement est devenu une valeur en soi et un synonyme de progrès, aussi la résistance au changement est-elle considérée comme […]

Lire la suite
100 000 morts 04 2021

100 000 morts

La pandémie de covid-19 est responsable à ce jour de 100 000 morts. Sa dynamique reste intacte et le risque qu’elle devienne endémique n’est pas nul. […]

Lire la suite
Le blog de Jean-Claude Seys 02 2021

Niveau de vie

La monnaie est à la fois l’étalon de mesure de la valeur des biens et le moyen de les acquérir. L’argent représente donc la richesse […]

Lire la suite

Suivez-nous sur Twitter

🎧|PODCAST|🎧
✅#Diplomatie #Sécurité #Politique #Numérique #Innovation #Economie #ModèleSocial #Travail #EconomieSociale #TransitionÉcologique #Ethique #Santé #Médecine & plus encore...
✅Retrouvez, en #libreaccès, tous nos #podcasts🎧
✅Disponible ici 👇
https://on.soundcloud.com/RZYmR

🎧|PODCAST|🎧
✅«L’#IntelligenceArtificielle au #travail»
✅Un marché de 400mds $ ~ en 2022 & qui devrait atteindre 1400mds $ d'ici 2030 mais qui pose des questions éthiques & réglementaires à traiter rapidement #IA🤖
✅L’analyse de Me Dulac-Gérardot👇🏽
https://on.soundcloud.com/3jP2f

🎥|VIDÉO|📹
✅Les nouvelles lignes d'affrontement dans un #mondenumérisé🌐🛡️
✅Dans un monde de porosités, où les champs de bataille ignorent les #frontières, Nicolas Arpagian [@cyberguerre] détaille pour nous les nouvelles formes de confrontations🌏🔥🔽

Image for twitter card

Frontií¨res.com : Les nouvelles lignes d‘affrontements dans un monde numérisé - Institut Diderot

TweetezPartagez

www.institutdiderot.fr

|📲 𝗡𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝘀𝗶𝘁𝗲, 💻 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗱𝗲𝘀𝗶𝗴𝗻, 🔎 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝘂𝘀|
✅#Podcasts🎙️
✅#Vidéos🎥
✅#Paroledexperts 🧑‍🏫
✅#Publications✍🏻
✅Toujours gratuit et en libre accès 🆓🔓
✅Découvrez-le❗️
👉🏿 http://www.institutdiderot.fr

🔜|DÉBAT|
✅Le ressentiment contemporain menace-t-il la #Démocratie❓
✅Comment prévenir & dépasser le ressentiment ? D’où provient-il ? Comment en protéger la Démocratie ? 🗳️
✅Nous en débattrons autour de la Pr. @CynthiaFleury (@LeCnam @MINES_ParisTech @Hospiphilo @GhuParis)

🆕|PUBLICATION|🆕
✅Insécurité alimentaire & #changementclimatique
✅Les solutions apportées par les biotechnologies végétales🌾
✅Attention à ce que l'🇪🇺 & la 🇫🇷 ne réduisent pas définitivement leurs capacités de recherche & d’innovation ⚠️
via @issuu

Image for twitter card

Insécurité alimentaire & changement climatique : solutions apportées par les biotechno. végétales

issuu.com

|LIVE|🔴
⚠️Les dangers du #wokisme⚠️
✅   Nous en débattons autour du Pr. Jean-François Braunstein, auteur de #Lareligionwoke📚
✅   Selon lui, cette pensée qui a infusé les universités & les médias s'apparente davantage à une religion qu'une idéologie. https://twitter.com/i/broadcasts/1jMJgLAoXjOxL

|PRESSE|
✅«Armons notre raison contre la guerre», pour @Challenges, l’édito d'André Comte-Sponville.
✅ J’aurais dû me souvenir, comme le dit le philosophe Alain, que «ce sont les passions, et non les intérêts, qui mènent le monde».
✅ #GuerreEnUkraine

🔴📲 Un débat à suivre
🗓️ jeudi 9️⃣ février 🗓️
en live-tweet dès 8⃣:3⃣0⃣ sur notre compte Twitter.

Charger plus de Tweets