Évolution du taux de mortalité

Publié en août,2020
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Ce n’est pas un sujet dont on parle beaucoup et très peu de personnes connaissent l’ordre de grandeur du nombre de décès annuel en France.

La crise du Covid-19 a conduit à de très nombreuses évocations de la mortalité due au virus, très peu l’évoquant dans un cadre plus général.

En fait, en 2018, dernier chiffre connu, la France a connu 609 000 décès, soit un taux de 9,1 pour mille. Ce chiffre représente moins de 1 pour cent de la population et n’étonne personne, bien que reproduit sur une longue période, il signifierait que la population vit en moyenne plus de 100 ans, ce qui n’est pas encore le cas.

La raison en est bien sûr que toutes les classes d’âge ne sont pas de même taille. Les générations nées avant et pendant la deuxième guerre mondiale, qui contribuent massivement à la mortalité actuelle sont nettement moins importantes que celles résultant du baby-boom.

Cette distorsion a réduit pendant longtemps le nombre de morts autour de 550 000 par an, mais l’écart se réduit désormais assez vite.

Si aucune avancée significative ne se produit en matière d’espérance de vie, après une période de cinq années au cours de laquelle les décès concerneront essentiellement les personnes, peu nombreuses, nées pendant la guerre, le taux de mortalité devrait tendre vers 1,2 pour mille, soit 870 000 décès par an et dépasser provisoirement ce chiffre avant de retomber dans les années 40.

On voit que la crise du covid-19 reste marginale en regard de ces grandes évolutions.

Par ailleurs, la mortalité est un phénomène saisonnier : en 2018 par exemple, la mortalité mensuelle a été de 55 000 pour les mois les plus lourds (janvier, février, mars et décembre), contre 46 700 pour les mois d’été.

Bien que les personnes âgées forment désormais la grande masse des victimes, il y a chaque année 80 000 décès considérés comme prématurés, c’est-à-dire survenant avant 65 ans (âge récemment repoussé à 75 ans).

Le tiers de ces décès est considéré comme potentiellement évitable. Mais les causes en sont très diverses ce qui en rend difficile la prévention. Elle a été possible et efficace pour les victimes des accidents de la route car elles représentaient un nombre élevé (plus de 18 000 en 1972) et avaient une cause bien identifiée. Ce n’est plus le cas pour les 3500 victimes de la période récente.

Il serait cependant intéressant de comparer les sommes que la société accepte de consacrer à la prévention de ces morts évitables par rapport au sacrifice accepté pour lutter contre le Covid-19.

 

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