S'inscrire à notre newsletter

Catastrophe et politique

Publié en mars 2020
Président de l'Institut Diderot, fondateur, président du groupe d’édition Humensis et président d’honneur du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA, GMF et PartnerRe.

Tout pays connaît, au cours de son histoire des évènements qui affectent douloureusement sa population. Ces catastrophes, quelle qu’en soit la nature, ont un impact important sur la vie politique du pays, mais très différent selon leur caractère local ou national.

Les démocraties modernes souffrent en effet, du fait de leur hétérogénéité sociale, culturelle ou économique, de leur difficulté à parvenir à des consensus pour prendre des décisions, ce qui leur aliène d’ailleurs les citoyens responsables de cette faiblesse.

Lorsqu’un évènement, dramatique mais local ou régional se produit, la variété des opinions politiques présentes dans le pays va non seulement subsister, mais trouver un nouveau champ d’expression dans la manière de gérer la crise, ce qui va contribuer à affaiblir le gouvernement.

Lorsque la catastrophe est nationale, l’effet est radicalement différent : les multiples problèmes autour desquels s’organise le débat politique courant se trouvent marginalisés. Cela ne signifie pas qu’il y a consensus sur la conduite à tenir par rapport à la crise, mais sur le fait que ce problème doit passer avant tous les autres. Les oppositions, souvent majorités, du fait de la réunion des partis qui seraient opposés dans l’action, se trouvent affaiblis et le gouvernement, s’il ne commet pas d’erreurs grossières, renforcé.

La vie politique s’en trouve simplifiée, la société devient gérable. Cette simplification peut permettre à un dirigeant d’obtenir des résultats inatteignables en situation normale et d’apparaitre comme un grand homme alors que ses qualités ne lui eussent servis à rien dans les batailles politiques ordinaires.

Le coronavirus ne fait pas exception. On ne parle plus de retraites, de l’assurance chômage, et du 49.3. Les opposants les plus vindicatifs à l’égard du gouvernement lui abandonnent terrain et écrans pour organiser la résistance au virus.

Là où le moindre milliard de recettes ou de dépenses était l’occasion de vives oppositions, le plan de sauvetage de l’économie de centaines de milliards ne fait pas débat et le président, considéré hier comme dépassé, se trouve en position de chef de guerre reconnu.

C’est le paradoxe des démocraties d’être plus aptes à faire face à des crises graves qu’à résoudre des problèmes courants : ce qui semble les menacer assure leur régénérescence.

 

 

0

Vous pourriez aussi être intéressés par

Sur le changement 05 2021

Sur le changement

Dans les sociétés modernes, le changement est devenu une valeur en soi et un synonyme de progrès, aussi la résistance au changement est-elle considérée comme […]

Lire la suite
Le blog de Jean-Claude Seys 02 2021

Le chaos

Les commentaires sur l’actualité donnent l’impression que le monde vit dans le chaos et qu’il s’agit là de la conséquence de l’incompétence des gouvernants. En […]

Lire la suite
Le blog de Jean-Claude Seys 01 2021

Qui va payer la note ?

En 2020 le Produit Intérieur Brut de la France a baissé d’environ dix pour cent. Cela signifie que la richesse produite a diminué de deux […]

Lire la suite
Le blog de Jean-Claude Seys 12 2020

Retour à la normale

Tout le monde attend avec impatience la fin de la pandémie et le retour à une situation comparable à l’avant crise. Il est évident que […]

Lire la suite

Suivez-nous sur Twitter

|LIVE|🔴
⚠️Les dangers du #wokisme⚠️
✅   Nous en débattons autour du Pr. Jean-François Braunstein, auteur de #Lareligionwoke📚
✅   Selon lui, cette pensée qui a infusé les universités & les médias s'apparente davantage à une religion qu'une idéologie. https://twitter.com/i/broadcasts/1jMJgLAoXjOxL

|PRESSE|
✅«Armons notre raison contre la guerre», pour @Challenges, l’édito d'André Comte-Sponville.
✅ J’aurais dû me souvenir, comme le dit le philosophe Alain, que «ce sont les passions, et non les intérêts, qui mènent le monde».
✅ #GuerreEnUkraine

🔴📲 Un débat à suivre
🗓️ jeudi 9️⃣ février 🗓️
en live-tweet dès 8⃣:3⃣0⃣ sur notre compte Twitter.

|LIVE|🔴
⚠️Les dangers du #wokisme⚠️
✅   Nous en débattons autour du Pr. Jean-François Braunstein, auteur de #Lareligionwoke📚
✅   Selon lui, cette pensée qui a infusé les universités & les médias s'apparente davantage à une religion qu'une idéologie. https://twitter.com/i/broadcasts/1jMJgLAoXjOxL

🔴📲 Un débat à suivre 🗓️demain, jeudi 2 février,
en live-tweet dès 8⃣:3⃣0⃣ sur notre compte Twitter.

🆕|PUBLICATION|🆕
✅ Comment faire face à la #pénurie et à la #haussedesprix des #matièrespremières❓📈
✅🏭#énergie⚡️#alimentation🌾#minerais ⛏️#logistique 🚚 #transports⚓️...
✅ L'économiste #PhilippeChalmin répond à nos questions.
✅ #mondialisation🌏🔽

Image for twitter card

Comment faire face à la pénurie et à la hausse des prix des matières premières ?

issuu.com

🔜|DÉBAT|
✅Le ressentiment contemporain menace-t-il la #Démocratie❓
✅Comment prévenir & dépasser le ressentiment ? D’où provient-il ? Comment en protéger la Démocratie ? 🗳️
✅Nous en débattrons autour de la Pr. @CynthiaFleury (@LeCnam @MINES_ParisTech @Hospiphilo @GhuParis)

|📲 𝗡𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝘀𝗶𝘁𝗲, 💻 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂 𝗱𝗲𝘀𝗶𝗴𝗻, 🔎 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝘂𝘀|
✅#Podcasts🎙️
✅#Vidéos🎥
✅#Paroledexperts 🧑‍🏫
✅#Publications✍🏻
✅Toujours gratuit et en libre accès 🆓🔓
✅Découvrez-le❗️
👉🏿 http://www.institutdiderot.fr

🔜|DÉBAT|
✅«Les dangers du #wokisme»⚠️
✅Bien plus qu’une simple vague de #foliepassagère, le philosophe Jean-François Braunstein, auteur de #Lareligionwoke (@EditionsGrasset), analysera les dérives de cette #idéologie aux 🇺🇸, en 🇪🇺 et en 🇫🇷.
✅#cancelculture #censure 📚📺🎞️📻📲

Charger plus de Tweets