Alzheimer

Publié en 2015
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

alzheimerLes causes de la démence sont difficiles à appréhender notamment en raison des influences réciproques entre le somatique et le psychique. Des tests neuropsychologiques permettent de repérer assez tôt certains symptômes précurseurs de la maladie d’Alzheimer et de diagnostiquer un stade prodromal, c’est-à-dire avant le déficit cognitif léger. Pour autant, la maladie ne se manifeste pas systématiquement et, inversement, certains facteurs semblent en avancer la survenance bien plus tôt que les tests ne le donneraient à penser.

Sans doute le psychique joue-t-il un rôle déterminant dans ces décalages entre ce qu’annonce le corps et la manifestation de la maladie. Ne négligeons pas l’influence du positionnement social de la personne, sa culture, ses contacts, en gros l’intensité et la richesse de sa vie personnelle.

Or, les dernières années de sa vie sont pour chacun une expérience traumatisante susceptible de provoquer la fuite dans la maladie, refuge contre la réalité comme dans beaucoup d’autres cas où la vie est trop difficile. Le refus de la mort se trouve aggravé par le sentiment d’inutilité, la disparition ou l’éloignement des proches ainsi qu’une forme physique dégradée qui condamne à souvent l’inaction.
Beaucoup d’associations s’efforcent d’alléger la détresse des personnes âgées isolées en leur consacrant du temps et de l’attention afin de maintenir au minimum le lien social. C’est un secours précieux. Les praticiens hospitaliers parlent de soins palliatifs pour les malades en fin de vie. Ce lien social est, lui aussi, palliatif.

En se dévouant aux autres, chacun peut espérer ralentir la neuro-dégénérescence qui risque d’affecter un jour ou l’autre sa propre autonomie. En se créant des obligations et en entretenant des liens, il semble possible de réunir des conditions favorables à notre maintien en forme et s’offrir des années de répit supplémentaires face à la maladie

Paraphrasant Mac Luhan, on pourrait dire que l’action, dans ce cas, est le remède.

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