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Trump et la realpolitik

Le Président américain fait consensus contre lui dans une mesure rarement atteinte : sa brutalité, sa versatilité, ses vues simplistes, sa façon de taper sur la table pour imposer sa volonté ne sont pas conformes à ce que la communauté internationale attend du Président d’une grande nation. En démocratie, tout accusé à le droit à une défense : avant de le condamner il faut donc tenter de regarder ce qui peut permettre d’évaluer les dommages liés à ce comportement et les causes qui le fondent, sachant que dans un environnement complexe, la quasi-totalité des parties prenantes se contentent de vues souvent sommaires, partielles et toujours partiales. Sur le plan des conséquences, l’attitude de Trump a d’abord le mérite, involontaire de sa part, d’inviter les européens à réagir à la subordination à l’égard des États-Unis qu’ils acceptent depuis des lustres : il est inacceptable et honteux que l’Europe ait à obéir sans discuter aux…


De l’intelligence des plantes à l’intelligence artificielle

Pendant longtemps les hommes se sont crus les seuls êtres intelligents : la découverte que les animaux partageaient ce privilège les a quelque peu ébranlés. La reconnaissance de deux nouvelles formes d’intelligence, celle des plantes et l’intelligence artificielle, renforcent l’idée que l’intelligence n’est pas le monopole de l’homme. Mais qu’est-ce que l’intelligence ? Le fait de pouvoir capter des informations, les stocker, les combiner pour établir des relations entre elles, c’est-à-dire comprendre et adapter ses réactions en vue d’un objectif. Mais cette définition englobe deux réalités différentes : celle qui consiste à donner à un stimulus une réaction préprogrammée et celle qui consiste à s’autoprogrammer, à partir des données de base. L’ordinateur le plus puissant, comme les plantes, appartient à la première catégorie, les intelligences animales, humaines et l’IA à la seconde ; c’est ce qui différencie Deep Blue, l’ordinateur d’IBM qui a battu Garry Kasparov aux échecs  d’AlphaGo, le logiciel qui a battu…


L’avenir de l’Europe

Une partie croissante de la population conteste l’euro et l’Europe, mais bien peu souhaitent en sortir. C’est une situation quelque peu paradoxale qui s’explique parce que les arguments en faveur de l’Europe et de l’Euro ne sont pas de même nature que ceux qui fondent l’envie d’en sortir : on peut être également convaincu de la validité d’arguments à priori opposés. Le sentiment qu’une organisation européenne rapproche les peuples et constitue un facteur de paix, qu’elle favorise les déplacements des hommes et des marchandises est très largement partagé. Pour autant, certains pays en profitent, d’autres en souffrent et ont le sentiment que l’Europe les empêche de jouer leurs cartes. Ceux qui profitent du système sont les plus puissants et les plus motivés pour le conserver. Les plus faibles, la Grèce, l’Italie, par exemple, l’ont accepté en raison d’avantages initiaux, réels ou supposés, mais se trouvent in fine dans une situation…


Objectifs et outils d’un système de santé national

  Les objectifs sont au nombre de trois : avoir le meilleur niveau de santé publique permettre à tous d’accéder à ces soins maitriser les dépenses globales de manière à ne pas peser sur les niveaux de vie et la compétitivité du pays. Les objectifs de qualité et d’universalité sont, dans une certaine mesure opposés à ceux de maitrise des coûts. Un dispositif public est nécessaire pour assurer l’universalité, pour procéder à de grandes opérations de prévention, élaborer des normes de qualité, définir les besoins en matière de recherche que l’exploitation des data qu’il possède met en évidence et exercer une action de régulation sur les grands acteurs du système de soins, hôpitaux, laboratoires pharmaceutiques, etc… Pour indispensable qu’il soit, un tel dispositif public qui est en France représenté par l’ensemble Ministre/Sécurité Sociale, a néanmoins des limites et des handicaps. Il lui est en particulier difficile de résoudre les contradictions efficacité/coût ;…


La nuit du 4 août 1789

  C’est durant cette fameuse nuit que l’Assemblée Nationale Constituante a voté la suppression de tous les privilèges féodaux, puis, plus largement, de tous les privilèges des classes, des provinces, des villes et des corporations. Chacun de ces droits était un poids pour l’économie mais c’est plus encore leur empilement et la complexité qu’ils  suscitaient (ce que Turgot a su si bien mettre en évidence) qui constituaient un obstacle au développement et la principale cause de la pauvreté de la population. Cette suppression fut engagée dans l’urgence pour mettre un terme à la grande Peur, ces révoltes de paysans qui s’en prenaient aux seigneurs pour saisir les documents établissant droits des uns et servitude des autres. Ce sont les nobles qui initièrent le mouvement : la dynamique lancée se poursuivit ensuite de son propre mouvement : l’égalité devant l’impôt, les banalités ; les pensions sans titres, les juridictions seigneuriales, les droits de chasse,…


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