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La durée du travail

La durée du travail hebdomadaire ou annuelle -sous-entendu salarié – est un concept apparemment simple : c’est par exemple la durée légale de 35 heures par semaine. La réalité est plus complexe : comme souvent, les choses apparaissent simples lorsqu’on les envisage sous un angle unique, en l’occurrence selon la norme imposée à l’employeur. Vue de l’angle du travailleur intéressé ou de la cellule familiale, elles apparaissent différentes et on pourrait définir encore d’autres points de vue. Le temps de travail du salarié est réputé être le temps payé, la perception d’un revenu à certaines périodes de non travail (vacances, retraite,…) correspondant simplement à un salaire différé. Il n’en a pas toujours été ainsi. Autrefois, une grande partie de la population vivait en autarcie, ne consommant que les fruits de son travail, essentiellement consacré à l’agriculture. Quand l’importance des échanges s’est accrue, l’autoconsommation s’est réduite au profit d’échanges de biens. La valeur…


Immigration

L’opposition est frontale entre ceux qui refusent l’arrivée massive de migrants et ceux qui pensent que l’accueil des damnés de la terre est un devoir moral non négociable. Comme souvent en politique, ces points de vue radicalement opposés dans l’action –on ne peut faire une chose et son contraire – sont complémentaires intellectuellement. Les pays développés ne regroupent qu’une fraction limitée de la population mondiale : on a calculé que les ressources équivalant à celles de trois terres seraient nécessaires pour amener tout le monde au niveau des mieux pourvus ; il est donc tentant pour ceux qui vivent dans des conditions difficiles, sont informés de nos niveaux de vie et n’ignorent pas l’impossibilité d’un mouvement collectif local qui les porterait à ce niveau, de vouloir tenter leur chance individuellement… Mais leur nombre rend la chose objectivement impossible et leur installation en masse imposerait aux populations d’accueil, déjà incertaines de leur avenir,…


Un défi

D’ici la fin du siècle la population mondiale devrait passer de 7 à 11 milliards ; un milliard vit aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté et les nouveaux venus sont plutôt attendus dans les pays pauvres : il va donc falloir amener 5 milliards d’individus de plus, au-dessus du seuil de pauvreté contre 6 milliards qui le sont actuellement. C’est presque un doublement alors que beaucoup de ressources non renouvelables tendent à l’épuisement, que les sols s’érodent, que l’eau devient rare, que le changement climatique menace certaines productions renouvelables qu’il faudra beaucoup de temps pour remplacer par des productions adaptées au nouvel environnement. C’est un défi qui peut être relevé, mais qui appelle volonté, consensus, science, technologie, savoir-faire et initiatives. Il va falloir de la croissance, beaucoup de croissance ; ceux qui considèrent que la redistribution pourrait suffire se trompent, non seulement parce que quantitativement, l’égalité absolue ne suffirait…


Production et prédation

Ce qui fait la richesse des nations est leur aptitude à produire des biens et des services et il en est théoriquement de même pour les individus, mais pour les uns comme pour les autres, existe un phénomène peu étudié par la science économique : la prédation. On a critiqué la prédation des puissances coloniales à l’encontre de leurs colonies sur le plan moral et politique, mais son évaluation économique n’a pas été faite. Pour les individus, le vol et l’escroquerie, qui en sont les manifestations les plus évidentes sont couramment évoquées à l’occasion de faits divers. Mais l’économie de la prédation prend beaucoup d’autres formes. Sa mesure, en tout état de cause difficile, dépend de la définition qu’on en donne : il n’est pas sûr que la loi constitue le meilleur critère de la prédation : lorsqu’un trafiquant de cigarettes offre aux consommateurs le paquet à un prix de…


Revenus et patrimoine des ménages

L’Insee vient de publier une nouvelle étude sur les revenus et le patrimoine des ménages. Il en ressort notamment que 1% des ménages français ont un revenu net disponible supérieur à 8 850 euros par mois pour une personne seule et détient un patrimoine de 4.1 millions d’euros. Collectivement, ce groupe représente 7 % des revenus et 16% du patrimoine de l’ensemble des ménages vivant en France. Ces chiffres, qui n’ont pas beaucoup bougé depuis la précédente étude de l’Insee, semblent totalement ignorés de nombres d’analyses sur la société française. Ainsi, les commentaires qui s’interrogent sur la manière de réduire les inégalités avancent plus ou moins explicitement que le problème serait résolu par un transfert des riches vers les pauvres : or, si on décidait de limiter les revenus du groupe des 1% -considérés comme riches – à ceux du décile le plus élevé soit environ 40 000 euros par…


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