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Le nouveau capitalisme

  Le capitalisme né avec la révolution industrielle a fortement marqué la pensée économique et sociale ; des articles, des analyses continuent à examiner le monde avec les filtres conçus par Marx et des groupuscules combattent encore avec véhémence et parfois violence ce capitalisme archétypal. Ce n’est pas voler à son secours que de dire que la réalité a bien changé ; certes, il reste toujours et partout des vestiges de l’organisation ancienne et, dans les pays émergents, le développement de l’économie permet encore ce capitalisme traditionnel. Dans les pays développés, plusieurs phénomènes ont modifié complètement ce modèle. Le financement de l’économie est désormais assuré dans une très forte proportion par une épargne très largement répartie ; le capital des sociétés cotées n’est pas détenu, sauf exceptions très rares, par des personnes qui en assument le contrôle, mais par une masse d’épargnants dont le pourcentage de détention est négligeable ou…


Blockchain, bitcoin et cryptomonnaies

  L’étude de la monnaie est certainement un des pans les plus complexes de la science économique ; désormais, avec la création du bitcoin tout parait changé et tout un chacun semble autorisé à se prononcer sur la qualification de monnaie du bitcoin. Une monnaie est supposée avoir trois rôles ; c’est une unité de compte, une réserve de valeur et un intermédiaire des échanges. La fonction unité de compte permet de comparer instantanément  la valeur relative des choses et la comparaison entre des millions de produits  et services est matériellement impossible sans une unité de mesure commune. C’est donc une des bases des économies modernes. La fonction réserve de valeur  a pour objet de permettre des échanges non simultanés de produits ou de services, grande avancée par rapport au troc qui n’était possible que dans la simultanéité des contreparties. Elle permet donc l’épargne et l’investissement. Enfin,  une monnaie est un intermédiaire…


Les nouvelles frontières de la médecine

  La médecine a fait des progrès spectaculaires au cours des deux derniers siècles et on lui doit une part importante de l’allongement de l’espérance de vie mais le destin semble prendre un malin plaisir à remplacer les maladies éradiquées ou combattues avec succès par de nouveaux défis. Les maladies infectieuses responsables dans le passé du plus grand nombre de décès sont désormais sous contrôle mais l’espérance de vie ainsi gagnée a ouvert la voie au développement de maladies dites chroniques car elles ne sont ni guérissables, ni mortelles à court terme, de par leur nature ou en raison du progrès de la médecine. Ces nouveaux défis n’ont pas nécessairement pour cause des pathologies nouvelles ; c’est le plus souvent leur importance qui est nouvelle. Pour une part, elles sont dues aux changements intervenus dans l’environnement auxquels l’espèce humaine adaptée pendant des millénaires à un environnement relativement stable est confrontée…


Micro ou macro ?

La cohérence entre l’action individuelle de chaque membre d’une collectivité et l’intérêt collectif est un problème permanent et universel dont la solution ne peut venir, selon les tenants du collectivisme, que de la contrainte tandis que pour d’autres, en accord avec Adam Smith, la recherche par chacun de ses intérêts conduit mécaniquement à l’optimum collectif. L’idée que la poursuite de l’intérêt individuel conduit systématiquement à l’optimum collectif est manifestement fausse : l’existence d’une économie de prédation fondée sur le vol, l’escroquerie, les trafics, la corruption, le démontre et les activités légales présentent une palette équivalente d’actions plus ou moins nuisibles à l’intérêt général. Le caractère illusoire de la thèse opposée a été également démontré par la faillite généralisée des économies planifiées. Pour que la recherche de l’intérêt individuel conduise à l’optimum collectif, les règles du jeu doivent être modifiées, c’est-à-dire que l’équilibre naturel des risques, des efforts et des récompenses…


Inégalités

La croissance des inégalités dans le monde pose de nombreux problèmes, moraux pour certains, mais aussi économiques et sociaux plus concrets. La perception de ce problème est toutefois faussée par l’idéologie et l’envie. En effet, d’après Bloomberg, les 500 personnes les plus riches du monde posséderaient en 2017 5 000 milliards d’actifs. C’est énorme et justifie la thèse de la montée en puissance des inégalités ; mais les théories qui imagineraient que la suppression de ces inégalités résoudrait tous les problèmes se trompent. Cette richesse est largement virtuelle ; elle résulte pour une bonne part de l’inflation de la valeur des actifs, notamment cotés en bourse. La répartition égalitaire de cette manne représenterait 500 dollars par habitant ; en soi, ce n’est déjà pas beaucoup pour une opération qui  ne pourrait avoir lieu qu’une seule fois, mais de surcroît, il ne s’agit pas de cash mais de titres d’entreprises : ces entreprises existent parce qu’elles…


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