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Au-delà des partis

Les élections législatives de 2017 ont conduit à une écrasante majorité de représentants de la République En Marche à l’Assemblée Nationale. Les partis peu représentés, en particulier ceux qui auront perdu des sièges, crient au scandale.Un parti unique signerait la fin de la démocratie, assimilant pour faire effet, la composition issue provisoirement des élections à des régimes structurellement organisés autour d’un parti unique. On ne se souvient pas que cette critique ait été évoquée au soir des élections des perdants d’aujourd’hui lorsqu’ils étaient dans une structure identique, par exemple lorsque le PR et l’UDF se glorifiaient de leurs 473 sièges ! La demande de davantage de proportionnalité semble à priori raisonnable car plus équitable, mais l’histoire de la 4ème république a que démontré l’absence de majorité stable à l’Assemblée ne permettait de conduire aucun projet d’envergure et que la nécessité d’alliances accordait aux partis « charnière » un pouvoir de chantage disproportionné. Dans…


Le cycle de vie des partis politiques

Une démocratie ne saurait fonctionner sans partis politiques car les problèmes des sociétés modernes sont d’une complexité qui échappe largement au citoyen isolé. Dans la pire des hypothèses, il ne dispose que de ressenti par rapport à sa situation personnelle dont il souhaite légitimement l’amélioration, sans pouvoir identifier de manière certaine les mesures nécessaires et leurs conséquences collatérales sur le reste de la société. Dans la meilleure des hypothèses, le citoyen a quelques lumières sur certaines dimensions de la vie publique proches de ses préoccupations, mais il a tendance à privilégier celles-ci au détriment des autres aspects de la vie sociale. Sans nécessairement éviter totalement ces difficultés, les partis disposent de moyens humains et financiers leur permettant d’acquérir une meilleure connaissance des situations et des conditions de leur évolution. Ils sont, en principe, capables de définir collectivement une programmatique répondant aux exigences de la réalité dans le respect d’une idéologie,…


LUXE

Les inégalités ne cessent de progresser dans le monde. Ce constat emporte de multiples conséquences parmi lesquelles l’explosion de l’industrie du luxe. Cette dernière ne s’est, en effet, jamais si bien portée. On pourrait considérer qu’il s’agit d’une conséquence marginale, voire positive. La recherche du luxe a été à l’origine de bien des progrès des civilisations et il faut avoir une âme bien austère pour y être totalement insensible. Cependant, lorsqu’il s’étale partout, parfois même de manière incongrue dans une publicité télévisée à côté d’un banal produit de consommation, il a quelque chose d’obscène. C’est une provocation à l’égard des plus pauvres de leur mettre en permanence sous les yeux ce qu’ils ne peuvent acquérir, parfois même en le soulignant pour en faire une motivation d’achat. Le luxe authentique répond à une recherche de plaisir personnel et d’harmonie pour soi-même et ses proches. Quand il ne sert qu’à donner une…


Arithmétique des inégalités

Les inégalités sociales existent dans toutes les sociétés du monde depuis la nuit des temps. Il peut paraître paradoxal qu’elles soient moins tolérées dans la période récente alors que le niveau de richesse globale s’est amélioré. En fait, dans toute société archaïque comportant un million de familles, par exemple, un tyran s’emparant pour lui seul d’un millième de la richesse nationale aurait prélevé mille fois plus que sa part dans une société égalitaire. Pour autant, il n’aurait privé les autres parties prenantes que d’un millième de ce qu’elles auraient pu espérer ; presque rien, donc. Dans nos sociétés modernes et démocratiques, la richesse s’est accrue, mais elle s’est aussi diffusée. Si 10% des ménages perçoivent 40% de la richesse nationale, cela ne représente pour chacun que quatre fois la moyenne nationale, mais cela ampute du tiers ce que les autres auraient reçu dans une société strictement égalitaire. Si la richesse…


Politique et Santé

Le financement de la santé est un problème sérieux en soi, mais il représente en outre l’archétype du débat politique moderne. Il oppose en effet deux thèses qu’on ne réussit pas à dépasser. – D’un côté, le bien public est vu comme le résultat des efforts de tous ; il faut donc encourager les comportements vertueux et sanctionner les autres. La solidarité est une exception réservée au malheur incontestable et inévitable. – De l’autre, le malheur impose la solidarité : qui a faim doit être nourri, qui n’a pas d’abri doit être logé, qui est malade doit être soigné. La première thèse n’est pas seulement l’expression d’un égoïsme ; elle constate que le travail (tripalium) est une peine, qu’un comportement responsable appelle des efforts, voire des sacrifices, que certains s’efforcent d’éviter. Il faut donc que ceux qui les consentent soient récompensés et que les comportements irresponsables soient sanctionnés pour éviter…


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