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LUXE

Les inégalités ne cessent de progresser dans le monde. Ce constat emporte de multiples conséquences parmi lesquelles l’explosion de l’industrie du luxe. Cette dernière ne s’est, en effet, jamais si bien portée. On pourrait considérer qu’il s’agit d’une conséquence marginale, voire positive. La recherche du luxe a été à l’origine de bien des progrès des civilisations et il faut avoir une âme bien austère pour y être totalement insensible. Cependant, lorsqu’il s’étale partout, parfois même de manière incongrue dans une publicité télévisée à côté d’un banal produit de consommation, il a quelque chose d’obscène. C’est une provocation à l’égard des plus pauvres de leur mettre en permanence sous les yeux ce qu’ils ne peuvent acquérir, parfois même en le soulignant pour en faire une motivation d’achat. Le luxe authentique répond à une recherche de plaisir personnel et d’harmonie pour soi-même et ses proches. Quand il ne sert qu’à donner une…


Arithmétique des inégalités

Les inégalités sociales existent dans toutes les sociétés du monde depuis la nuit des temps. Il peut paraître paradoxal qu’elles soient moins tolérées dans la période récente alors que le niveau de richesse globale s’est amélioré. En fait, dans toute société archaïque comportant un million de familles, par exemple, un tyran s’emparant pour lui seul d’un millième de la richesse nationale aurait prélevé mille fois plus que sa part dans une société égalitaire. Pour autant, il n’aurait privé les autres parties prenantes que d’un millième de ce qu’elles auraient pu espérer ; presque rien, donc. Dans nos sociétés modernes et démocratiques, la richesse s’est accrue, mais elle s’est aussi diffusée. Si 10% des ménages perçoivent 40% de la richesse nationale, cela ne représente pour chacun que quatre fois la moyenne nationale, mais cela ampute du tiers ce que les autres auraient reçu dans une société strictement égalitaire. Si la richesse…


Politique et Santé

Le financement de la santé est un problème sérieux en soi, mais il représente en outre l’archétype du débat politique moderne. Il oppose en effet deux thèses qu’on ne réussit pas à dépasser. – D’un côté, le bien public est vu comme le résultat des efforts de tous ; il faut donc encourager les comportements vertueux et sanctionner les autres. La solidarité est une exception réservée au malheur incontestable et inévitable. – De l’autre, le malheur impose la solidarité : qui a faim doit être nourri, qui n’a pas d’abri doit être logé, qui est malade doit être soigné. La première thèse n’est pas seulement l’expression d’un égoïsme ; elle constate que le travail (tripalium) est une peine, qu’un comportement responsable appelle des efforts, voire des sacrifices, que certains s’efforcent d’éviter. Il faut donc que ceux qui les consentent soient récompensés et que les comportements irresponsables soient sanctionnés pour éviter…


Le déficit de la Sécurité Sociale

L’équilibre de la Sécurité Sociale fait l’objet depuis de nombreuses années de vifs débats sans que soient redéfinis les termes de cet équilibre, implicitement supposé de même nature que celui des nappes phréatiques après une saison trop sèche : il y a plus de sorties que d’entrées. La différence est qu’il n’y  pas de corrélation entre les entrées, qui sont de diverse nature, et les dépenses dont le rassemblement au sein de la sécu est arbitraire. Les entrées sont effectivement disparates, sans lien nécessaire et sans corrélation avec les risques couverts ; cotisations sur les salaires et les retraites, CSG à taux variés selon la nature des revenus, taxes multiples sur les salaires, les sociétés, le patrimoine, les alcools, l’industrie pharmaceutique, les véhicules de sociétés, les contrats complémentaires santé, … mais pas la TVA sur les médicaments qui, pour la Sécurité Sociale, est une dépense et non une recette ! Aucune logique donc autre…


Sortir de l’Euro

Certains candidats à la Présidence de la République ont évoqué une sortie de l’Euro ; des « experts » ont tenté d’en évaluer les conséquences. Ne pas adopter l’Euro aurait fait vivre la France avec une monnaie plus faible ; comme la France importe l’équivalent du quart de son PB, le niveau de vie des Français en eût été significativement plus faible, mais l’activité économique -industrie, tourisme en particulier- en eut été plus dynamique, ce qui aurait contribué à réduire le chômage. La France aurait eu plus de mal à emprunter et aurait dû faire davantage d’efforts pour limiter son endettement. En substance, c’eut été moins de prospérité, mais moins de problèmes sociaux, ce que recherchent les partisans de la sortie. Mais la sortie ne garantit pas le retour au statu quo ante. L’économie s’est adaptée, elle a tiré parti d’opportunités dont certaines se fermeraient et elle a supporté des…


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