Sortir de la crise

Publié en 2016
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Beaucoup de discours font état de la volonté de sortir de la crise.

Celle-ci va avoir huit ans et perdure malgré des politiques monétaires extrêmement laxistes et sans précédent dans la période moderne. Cela prouve que la politique monétaire n’est ni la cause de la crise ni son remède. Elles ont dopés l’activité économique, mais insuffisamment et ce qui peut être considéré comme un succès partiel ne fait que repousser le problème et en renforce du même coup une des causes : l’accumulation excessive de revenus dans un nombre limité de mains.

Personne ne connaît les remèdes à la crise. Le peu de leçons qu’on peut tirer de l’histoire tendent à montrer qu’à partir d’un certain moment elles se résolvent par un drame du type guerre ou révolution.

Les causes économiques de la crise n’excluent pas les autres causes :

Les grandes avancées économiques favorisent à la fois le progrès de la productivité et le niveau de vie par la création d’emplois dans des activités nouvelles. Mais ce qui apparaît lié dans une perspective longue ne l’est pas au fil des jours : certaines innovations favorisent la productivité avant l’élargissement de l’offre de produits et services, d’autres font l’inverse : la machine à vapeur a favorisé la productivité d’abord, la télévision la consommation ; le numérique apparemment les deux simultanément, mais davantage la productivité que l’offre : celle-ci en volume explose, mais du fait de sa propre productivité, stagne ou régresse en valeur et il faut attendre de nouvelles innovations pour stimuler en priorité la demande ; au stade actuel, ce sera probablement, les biotechnologies, les énergies alternatives, …

 

La géopolitique contribue également à court/moyen terme, à compliquer le problème : aucun pays ne maîtrise plus les paramètres permettant de régler son économie et la complexité des relations internationales rend tout consensus improbable.

Pour éviter une évolution dramatique, la récupération d’un véritable pouvoir sur l’économie par les Etats ou des ensembles régionaux assez cohérents pour être capables de consensus apparaît indispensable, d’autant que les mesures à prendre sont, pour partie, difficiles.

Il faut impérativement promouvoir les nouvelles technologies de l’offre ; c’est assez consensuel concernant l’énergie et serait assez facile pour les biotechnologies.

Il faut aussi s’attaquer à l’excessive concentration des revenus mais pas comme cela a été fait, au détriment des classes moyennes, mais de la toute petite minorité dont l’excédent d’épargne empêche le fonctionnement de l’économie. Ce n’est pas facile ni conceptuellement, ni en termes de pouvoir, en particulier dans le cadre d’une ouverture totale des  frontières aux mouvements de capitaux : l’excédent d’épargne, qui ne trouve pas à s’investir dans le cadre  national peut le faire ailleurs et l’aide des bénéficiaires à l’arrêt du phénomène ne peut être espérée.

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