Qui a des idées pour gouverner?

Publié en 2013
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Gouverner dans un monde devenu très complexe est ardu et il faut être reconnaissant envers ceux qui s’en chargent pour nous, encore que certains semblent ne pas s’être rendu compte des exigences de la mission qu’ils prétendent assumer si on en juge par les moyens qu’ils mettent en œuvre pour la conduire.

Ainsi peut-on s’étonner que le gouvernement d’un pays qui compte 601 000 élus, jouissant non seulement d’une légitimité démocratique, mais constituant, compte tenu de leur nombre, un échantillon d’une bonne représentativité sociologique, s’adresse pour analyser les problèmes et suggérer des solutions, à des personnes non élues.

Il s’agit généralement :

– De personnalités en vue, censées mieux appréhender la situation que ceux qui ont prétendu au pouvoir – par exemple Attali, Gallois, et autres Lauvergeon. Ces personnalités sont le plus souvent remarquables, mais la démocratie est supposée reposer sur la sagesse des peuples et la compétence de leurs représentants. Elle ne comporte pas, dans ses principes, le recours à des personnalités d’exception pour guider ceux qui se font élire.

– De citoyens réunis en commissions ou panels comme ceux qui viennent de se prononcer sur l’intégration et l’euthanasie. Qui les choisit, et sur quels critères de représentativité ? Ce ne sont ni des élus ni des représentants des institutions prévues par la Constitution pour établir des rapports de fond sur les sujets de société, comme le Conseil Economique Social et Environnemental.

Ces commissions, qui s’ajoutent à 594 commissions permanentes tout aussi étonnantes, n’ont aucune légitimité démocratique, leur représentativité sociologique n’est pas établie. On y trouve généralement des amis du pouvoir (dont on peut supposer que le vrai rôle est de trouver les arguments pour justifier des orientations déjà arrêtées), assis à côté de représentants d’une faune parasitaire qui infeste les palais nationaux. Chaque ministère a les siens qui s’érigent en représentants de la société civile avec d’autant plus d’autorité qu’ils survivent aux alternances et connaissent les arcanes du sérail. Ils alimentent les cabinets ministériels en idées et suggestions de leur crû et, on peut le penser, de leur intérêt.

Mais qui donc a parlé de gouvernance ?

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