Les bons citoyens

Publié en 2017
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Il transparait fréquemment des discours des dirigeants politiques qu’ils n’ont pas les citoyens qu’ils mériteraient. En effet, il conviendrait d’abord qu’ils fussent dociles et appliquent avec zèle les 150 000 lois de la République, en particulier les milliers d’interdictions qu’elles contiennent.

Il conviendrait ensuite qu’ils fussent résignés ; la résignation est une vertu proche mais distincte de la docilité. Pour grands que soient les rois, il n’est pas en leur pouvoir de résoudre d’un coup de baguette magique, les menus problèmes des hommes, chômage, niveau de vie, pollution, transports, etc… Les citoyens devraient comprendre qu’il faut du temps pour que l’action du Prince porte ses fruits et lui être reconnaissants de préparer l’avenir de leurs enfants et petits-enfants.

Il serait bon que le peuple fût tempérant ; faire de grandes choses coûte cher et s’avère impossible avec des citoyens égoïstes, avides de consommer en herbe le blé que le Prince pourrait transformer en or.

Dans le même temps, il serait indispensable que le peuple se montre actif, entreprenant, courageux, audacieux : un bon citoyen ne doit pas tout attendre du Prince, ce serait souhaiter l’impossible et perdre en même temps toute dignité. Il faut travailler, inventer son propre travail si la société ne le fournit pas, créer son entreprise, prendre des risques, sortir des sentiers battus pour faire progresser la science, l’art et l’industrie : bref il faut OSER.

Il faudrait donc que le citoyen soit passif et résigné dans ses attentes à l’égard du Prince, mais se transforme en lion quand il s’agit de le défendre ou le servir, qu’il ait en somme toutes les qualités dont Figaro constatait déjà qu’on les exige davantage des serviteurs que des Princes.

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