Do it yourself

Publié en 2014
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Le bricolage et, plus généralement, le fait d’effectuer certaines tâches soi-même plutôt qu’épargner sa peine et recourir au commerce ne sont pas une mode, mais un phénomène durable dont la raison première est rarement évoquée : l’importance des prélèvements obligatoires. Dans une société où le salaire mensuel moyen est de 100, s’il n’y a pas de prélèvement obligatoire, l’individu moyen peut acheter, avec son revenu mensuel, l’équivalent d’un mois de travail d’autrui. Dans un pays comme la France, avec son salaire d’un mois, compte tenu des charges sociales, des impôts et de la TVA, cet individu ne peut acheter que l’équivalent d’un demi-mois du travail d’autrui. S’il est capable d’effectuer le travail avec une productivité qui ne soit pas inférieure à 50% à celle du professionnel, il a intérêt à l’effectuer lui-même plutôt que se procurer des revenus et payer quelqu’un pour le faire.

Tous les usages, légaux ou non, qui lui permettent de conserver un revenu tout en ayant la liberté de travailler pour lui-même renforcent ce mouvement, de même que tous les moyens, équipements, matériaux ou conseils, qui accroissent sa capacité de faire et sa productivité. La satisfaction d’être responsable de son travail, par rapport à un travail spécialisé en entreprise, est une motivation supplémentaire, souvent soulignée quant à elle.

Le mouvement doit donc se poursuivre et s’amplifier. Il constitue d’ailleurs, comme l’autoconsommation des paysans d’autrefois, un facteur d’indépendance par rapport au marché et donc un élément de sécurité en temps de crise.

Si la hausse de la productivité se poursuit et que le temps de travail s’en trouve réduit, le travail pour soi sera un élément du rééquilibrage des modes de vie.

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