Croissance et consommation

Publié en 2014
Jean-Claude Seys Président de l'Institut Diderot, fondateur et vice-président du groupe Covéa qui réunit les mutuelles d’assurance MAAF, MMA et GMF.

Tout change.

Or les analystes n’étudient en général le changement que dans un domaine particulier. Plus rares sont ceux qui tentent de mesurer ses effets combinés dans différents champs.

Ainsi, l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement de la population ne sont abordés que sous l’angle de la retraite et de la dépendance.

Ainsi, l’évolution de la démographie planétaire fait l’objet de prévisions très détaillées des Nations Unies, par pays, régions, classes d’âge et par nature d’habitat.

Ainsi encore, les NTIC font l’objet d’analyses et de débats techniques ou économiques très précis.

On pourrait évoquer bien d’autres sujets, notamment le changement climatique ou l’épuisement des ressources non renouvelables.

Mais il n’existe pas, sans doute en raison d’une complexité excessive, de prospective prenant en compte la manière dont ces évolutions vont se combiner. Or la réalité sera unique et résultera de la combinaison de toutes ces forces de nature différente.

Le développement des TIC, par exemple, restreindra considérablement le besoin de travail humain alors que le nombre d’habitants sur Terre va s’accroître. Désormais, même l’armée pourra se passer de soldats grâce aux drones dont les derniers en date, animés par des logiciels d’intelligence artificielle, ont la capacité de choisir eux-mêmes leurs cibles. Autre exemple, les médecins seront bientôt amenés à signer des ordonnances conçues par un système intégrant des millions de données, ce qui signifie qu’ils seront remplacés au cœur même de leur métier.

Le vieillissement de la population accroît le conservatisme social, politique et technique au moment où le changement climatique et l’épuisement des ressources non renouvelables appellent une adaptation et des innovations pour faire face à l’accroissement démographique mondial.

On sait que le PIB permet de comparer assez bien deux économies semblables ou la même économie deux années de suite, mais perd toute pertinence pour comparer dans l’espace ou le temps des économies très différentes. Des accroissements de PIB importants seront nécessaires pour simplement remplacer ce qui existe. Par exemple, l’eau offerte par la nature par de l’eau de mer distillée. La croissance n’aura plus pour but d’assurer la consommation de plus de voitures ou autres biens superfétatoires, mais de préserver la sécurité et l’agrément de la vie matérielle d’aujourd’hui.

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